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Les différentes méthodes de la médecine corps-esprit
Pratiques axées plutôt sur le corps
ACUPUNCTURE
AROMATHERAPIE
AUTO-MASSAGE DO-IN
AYURVEDA
ETIOPATHIE
FLEURS DE BACH
HAPTONOMIE
HOMEOPATHIE
MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
METHODE ALEXANDER
MUSICOTHERAPIE
NATUROPATHIE
NUTRITHÉRAPIE
OSTEOPATHIE
PHYTOTHERAPIE
PILATES
QI GONG
REFLEXOLOGIE
REIKI
PNIE (PSYCHO-NEURO-IMMUNO-ENDOCRINOLOGIE)
YOGA
Pratiques plutôt axées sur le psychisme
ANALYSE TRANSACTIONNELLE (AT)
APPROCHE CENTREE SUR LA PERSONNE (ACP)
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BIBLIOTHERAPIE QT3
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PSYCHANALYSE
PSYCHOGENEALOGIE
RESPIRATION HOLOTROPIQUE
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THERAPIE FAMILIALE
THERAPIES COMPORTEMENTALES ET COGNITIVES (TCC)

ACUPUNCTURE
L'acupuncture agit sur la santé en stimulant grâce à des aiguilles certaines parties de la peau correspondant aux circuits des méridiens, ces fameux canaux invisibles par lesquels circule l'énergie du Qi. Le but est de régulariser l'énergie vitale et d'avoir une action sur les fonctions physiologiques et organiques correspondantes. Une cartographie détaillée des points d'acupuncture, des méridiens et de leurs liens avec les organes et les fonctions du corps, permet un large éventail d'interventions. L'acupuncture est notamment conseillée pour soulager la douleur et elle s'avère extraordinairement efficace contre les nausées des premiers mois de la grossesse et ou des chimiothérapies anti-cancer.
À lire
- Précis de médecine chinoise, Professeur Éric Marié
- L'atlas corps, esprit et harmonie, Paul Hougham, éd. Trédaniel
- Guérir, Dr David Servan-Schreiber, éd. Robert Laffont

AROMATHERAPIE
Bien que diverses techniques employant des corps gras permettent d’extraire de certaines plantes une huiles dite “essentielle” car porteuse de leur parfum, c’est avec l’alambic que l’aromathérapie a pu se développer pleinement, avant de donner naissance à la chimie moderne. Autant dire que ces extraits sont puissants : quelques gouttes contiennent les principes actifs de kilos de plantes. Cette pratique a deux facettes : l’utilisation d’odeurs pour atteindre des états psychiques spécifiques, et celle d’huiles essentielles comme médicaments. Les deux ont vu leur efficacité scientifiquement confirmée par de nombreuses études. Avec la phytothérapie et l’homéopathie, l’aromathérapie est un des outils majeurs de l’automédication largement employée pour soulager les maladies bénignes.
- Aromathérapie, Dr Jean Valnet, éd. de Poche
 
AUTO-MASSAGE DO-IN
L'efficacité de l'acupuncture n'est plus à démontrer mais elle ne peut être pratiquée que par des professionnels. Heureusement, il existe une approche plus simple, accessible à tous, qui repose sur la même vision des fameux “méridiens” au long desquels circule (plus ou moins bien, c'est tout le problème) l'énergie vitale du Qi. Cela s'appelle le Do-In - déformation japonaise de l'expression Tao-Yinn, que l'on trouve déjà dans le très ancien Livre de médecine interne de l'Empereur jaune, où elle désigne un automassage que des dizaines de générations de paysans et de moines chinois ont pratiqué, aussi bien pour prévenir le mal que pour s'en guérir. Redécouvert il y a un siècle, le Do-In connaît une nouvelle vie et un succès grandissant. Avec ses deux façons de masser un point, ses cinq ou six postures de massage, sa centaine de points répartis sur les méridiens, cette technique ouvre sur une grille de lecture du ressenti, mais peut aussi soulager de nombreuses maladies, troubles ou accidents
- Guérir par l'auto-massage Do-In, J. Aubry & H. Chang, éd. Presses du Châtelet

AYURVEDA
La médecine ayurvédique puise ses sources dans les Véda, un ensemble de textes sacrés de l'Inde antique à l'origine de l'hindouisme. Au début, il y a plus de 5000 ans, les principes de guérison reposaient essentiellement sur le son ou la parole. Les hymnes étaient alors des médicaments. Leur simple récitation avait, selon le texte, le pouvoir de soigner toute chose. Puis rapidement la pharmacopée s'est enrichie de nouvelles pratiques : traitements à base de plantes ou de minéraux, opérations chirurgicales, massages, yoga. La médecine ayurvédique est la plus vieille médecine du monde. Elle s'intéresse à tous nos maux mais dans une vision plus large que la médecine occidentale car elle intègre la santé au sens large, incluant aussi l'hygiène de vie et de l'esprit. Peu pratiquée en France, certains de ses remèdes sont cependant devenus célèbres : massage, régime diététique ou yoga.
- Techniques d'ayurvéda pour votre bien-être quotidien, Indrajit Garai, éd. du Dauphin

ETIOPATHIE
Inventée dans les années 1970 par le Français Christian Trédaniel, l'étiopathie (du grec aïtia = cause et pathos = souffrance) s'appuie sur des concepts différents de sa sœur jumelle, l'ostéopathie. Empruntant des idées à la systémique et la cybernétique, elle considère l'individu comme un système ouvert, composé d'un ensemble d'éléments en interaction, eux-mêmes sous-systèmes formés d'autres éléments. Établissant des analogies entre organes et machines, le diagnostic fait appel aux connaissances en anatomie, physiologie et biologie, mais aussi au déterminisme, à la systémique et à la cybernétique. Le traitement étiopathique de “normalisation structurale” s'accomplit par une manipulation qui rejoint la tradition des rebouteux. En observant que les mêmes effets sont souvent issus des mêmes causes, les étiopathes ont réussi à établir des suites, qui ne sont autres que l'enchaînement des troubles organiques ayant provoqué la pathologie pour laquelle le patient vient consulter. Ils considèrent ainsi, par exemple, que l'immense majorité des angines à récidive sont provoquées par un désordre articulaire des vertèbres cervicales qui, du fait de micro-déplacements anodins, modifie la circulation locale, irrite la gorge et favorise le développement des bactéries. Au lieu de s'attaquer aux bactéries... jusqu'à la prochaine fois, l'étiopathe, par la remise en place du cou, fera disparaître l'angine en deux ou trois interventions... définitivement.

FLEURS DE BACH
Edward Bach (1886-1936) était un médecin anglais, convaincu que la racine première de toute maladie se trouvait dans un trouble de l'âme. Il consacra les dix dernières années de sa vie à l'étude et la reconnaissance des formes de comportement provoqués par sept grands mal-être : Peur, Solitude, Incertitude, Découragement Manque d'intérêt pour le présent, Hypersensibilité aux influences et aux idées, Préoccupation excessive au bien-être des autres. Bach ressentit alors de façon visionnaire comment les fleurs, quintessence du végétal, pouvaient nous soigner à un niveau très subtil, en amont de nos symptômes, en révélant au fond de chacun de nous le principe d'équilibre correspondant. Ces remèdes floraux adaptés à chaque problèmes psychologiques atteignirent finalement le nombre de 38 préparations florales, + une 39e préparation - la plus connue (qui consiste en un mélange de 5 remèdes synergiques) - appelée “Rescue Remedy” ou “Remède d'urgence”. Ces préparations d'extraits de plantes sont connues sous le nom de Fleurs de Bach.
- Le grand livre des fleurs de Bach, Surabhi E. Guastalla, éd. De Vecchi

HAPTONOMIE
L'haptonomie a été fondée après 1945 par Frans Veldman, un médecin néerlandais choqués par les atrocités de la deuxième guerre mondiale. L'expression est construite à partir de grec ancien hapsis (tact, sens, sentiment), et nomos qui désigne la loi, la règle, la norme. L’idée est d’établir un contact tactile pour rendre sain, entier, pour guérir, pour confirmer l'autre dans son existence. Car pour Veldman, l'épanouissement affectif et la santé psychique de l'humain sont dépendants de la confirmation affective qu'il reçoit de ses semblables et particulièrement de ses proches. Cette science du toucher affectif est particulièrement utile pour fonder une relation parent-bébé et cela dés la période de grossesse, mais elle peut s'appliquer aussi tout au long de notre vie jusqu'à l'accompagnement des mourants. Le lien peut même se passer de contact physique. Les effet de la présence d'autrui sur une femme en train d'accoucher ont pu être mesurés par des moyens tant objectifs (taux de neurotransmetteurs dans le sang) que subjectifs (impression de douleur) : la présence d'un médecin classique dans la “salle de travail” augmente de façon significative la douleur de la parturiente, alors qu'un médecin attentionné et “hapto-thérapeute” la fait fortement baisser. Nous sommes, pour la plupart, totalement inconscients des influences que nous exerçons les uns sur les autres. Il existe des moyens pour que cela change. L'haptonomie en est un.
- Haptonomie, amour et raison, Franz Veldman, Ed. PUF.

HOMEOPATHIE
L'homéopathie, du grec homoeos = semblable et pathos = maladie, se base sur un principe de similitude déjà décrit par Hippocrate au V° siècle avant notre ère. La substance qui provoque chez l'homme ou l'animal certains symptômes maladifs peut guérir ces symptômes ou d'autres qui sont semblables. Similia similibus curentur : les semblables sont guéris par les semblables ! L'idée a été redécouverte au XVIII° siècle par le médecin allemand Samuel Hahnemann, après qu'il se fut aperçu que l'écorce de quinquina provoquait chez un individu en bonne santé les symptômes de la “fièvre tierce” (paludisme), alors qu'elle les supprimait chez un individu malade.
L'apport d'Hahnemann est d'avoir compris qu'une substance peut avoir des actions différentes en fonction de sa dose. Il eut l'idée de diminuer la quantité de substance pharmacologique par des dilutions successives, découvrant alors que ce procédé renforçait l'efficacité du médicament au lieu de l'appauvrir - à condition que la préparation soit agitée vigoureusement (ou “dynamisée”) avant chaque dilution. Le résultat sont les fameuses petites granules et autres préparations délivrées par le médecin après un long entretien avec le patient, la recherche de son “tout spécifique” se trouvant au centre de la méthode, surtout pour les adeptes de l'approche uniciste. « Chaque détail compte, explique le docteur Rajan Sankaran, star mondiale de cette discipline, la façon de s'habiller, ou de se chausser, ou de boutonner sa veste, de bouger les mains, de s'asseoir, de raconter... L'énoncé des symptômes pour lesquels la personne consulte ne suffit pas. Sa réponse doit être habitée d'énergie (le patient élève le ton, s'investit émotionnellement dans son discours, fait de grands gestes) et s'exprimer à plusieurs niveaux (sensations corporelles, impressions mentales, émotions, souvenirs, récits, rêves, fantasmes...) en allant à chaque fois grosso modo dans le même sens. Tant que les réponses divergent, même si elles sont intenses, on ne tient pas le secret de la personne, on reste en surface. Il faut trouver la connexion générale. » Bien que faisant toujours l'objet de controverses, l'homéopathie est largement utilisée dans le monde - 30 % des Européens disent y avoir recours.

 

MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
Vieille de 6000 ans, la médecine chinoise est le fruit d'un amalgame de théories et de pratiques venues non seulement de Chine, mais aussi de Corée, du Japon, du Vietnam et d'autres pays asiatiques. Elle comprend donc une multitude d'écoles de pensée parmi lesquelles la plus connue est la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) Son objectif est de maintenir l'harmonie de l'énergie vitale (le Qi) à l'intérieur du corps ainsi qu'entre le corps et les éléments extérieurs. Si la MTC a comme premier objectif d'entretenir la santé et de prévenir les maladies, elle permet aussi de soigner la plupart des problèmes de santé (ponctuels ou chroniques), dont les troubles cutanés, musculosquelettiques, neurologiques, digestifs, respiratoires, génitaux, hormonaux, de même que certaines infections et certains problèmes émotifs. Pour ce faire, elle utilise essentiellement cinq pratiques : Acupuncture, herbes médicinales, diététique, massage (Tui Na) et exercices énergétiques (Qi Gong, Taïchi).
- Médecine traditionnelle chinoise, Jean-Marc Kespi, éd. Marabout
- Abrégé de médecine traditionnelle chinoise, M. Deydier-Bastide, éd. Désiris

METHODE ALEXANDER
Le coup de génie de Frederick Matthias Alexander (1869-1955) – un comédien australien qui cherchait désespérément à guérir d’une aphonie –, fut de comprendre que “nous sommes nos gestes”. Partant de cette découverte sur lui-même, Alexander a mis au point une méthode pour rendre aux gestes leur naturel, dissolvant les innombrables tensions qui emprisonnent notre corps (notamment notre nuque, nos épaules, notre dos) libérant du coup une énorme énergie, à tous les niveaux de l’être. Cette méthode, aujourd’hui utilisée dans le monde entier, en particulier chez les acteurs (Juliette Binoche dit lui devoir une fière chandelle), se décline en une série d’exercices simples. Il s’agit d’abord de s’observer, immobile et en mouvement – pour saisir à quel point nos gestes “civilisés” sont forcés, faussent nos perceptions et déboussolent nos vies –, puis, progressivement, de reconquérir des espaces de liberté.
Une invitation à remplacer notre volontarisme épuisant par une concentration naturelle et sereine.
- Habiter son corps, la méthode Alexander, C. Hardy, L. Schifrine, S. Tomasella, éd. Eyrolles

MUSICOTHERAPIE
Le pouvoir de la musique sur le corps et l'esprit est connu depuis les hommes de Neandertal, mais ce n'est qu'au XX° siècle que l'on a pu confirmer scientifiquement ces effets. De multiples études ont permis de mettre en évidence que l'écoute de certaines musiques pouvait avoir des répercussions physiologiques et psychologiques sur l'organisme. La musique et le rythme ayant une grande puissance émotionnelle, l'écoute attentive d'une mélodie peut aussi faire ressurgir des émotions traumatisantes et les apaiser. Partant de ce constat, se sont développées depuis les années 1960 des dizaines de thérapie qui se servent de la vibration musicale pour soigner. Leur modalité dépend du thérapeute qui peut pratiquer selon deux axes:
- La musicothérapie “active”, qui favorise l'expression de soi et privilégie des techniques d'intervention comme le chant, l'improvisation instrumentale ou gestuelle, la composition de chansons ou l'exécution de mouvements rythmiques au son de la musique ;
- La musicothérapie “réceptive”, fondée sur l'écoute d'extraits musicaux ou de sons. Le programme sonore est établi après un entretien et un test de réceptivité musicale. Le patient bénéficie d'une cure sonore personnalisée. Compte tenu de son effet sur le système nerveux central, la musicothérapie est conseillée pour réduire le stress et l'anxiété. Elle soulage la douleur, favorise l'endormissement. Elle contribue au développement de l'enfant et elle améliore les performances sensorielles et cognitives. Elle ne connaît pas de contre indication.
À lire...
- Découvrir la musicothérapie, Edith Lecourt, éd. d'Organisation

NATUROPATHIE
La naturopathie est basée sur la doctrine d'Hippocrate : la maladie est due à un encrassement des “humeurs” de l'organisme (sang, lymphe, bile, liquide céphalo-rachidien), et les symptômes pathologiques (toux, fièvre, éruptions ...) ne sont que des crises de purification humorale et d'élimination toxique. La naturopathie aura pour but d'aider à cette purification, par des méthodes naturelles. Mais elle va plus loin, car elle intègre aussi l'énergie vitale des traditions orientales et de la pensée vitaliste, ainsi que les blocages psychologiques comme origine de l'encrassement des humeurs. Pour garder une bonne santé, il faut donc utiliser des moyens naturels comme une alimentation équilibrée et une bonne hygiène de vie. Utilisant pour son diagnostic une grille de lecture de l'apparence morphologique et la palpation pour déceler l'engorgement des tissus, le naturopathe s´appuie pour ses prescriptions sur des techniques anciennes et récentes comme la diététique, l´aromathérapie, la phytothérapie, la sophrologie, le yoga, la relaxation, l´hypnose, les massages, le shiatsu... Les traitements vont des infusions aux exercices physiques, en passant par l´auto-hypnose ou le jeûne.

NUTRITHÉRAPIE
L’un des premiers médecins contemporains à s’être intéressé aux origines alimentaires de nos maladies est le Pr Jean Seignalet (1936-2003)., immunologiste et professeur à la faculté de Montpellier. Publié en 1996 et réactualisé quatre fois depuis, son livre L’Alimentation ou la 3ème Médecine jette les bases d’une nouvelle discipline, que Seignalet avait lui-même baptisé Nutrithérapie. Il ne s’agit pas de s’imaginer que l’on pourrait tout soigner de cette façon, mais ne pas en tenir compte serait totalement irresponsable. De la leucémie à la glomérulonéphrite, en passant par les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, de multiples formes de rhumatismes, de dermatoses ou de scléroses, une bonne part de nos maladies contemporaines sont affectées, causées ou aggravées par la nourriture. À titre d’exemple, 40% des cancers des hommes d’aujourd’hui auraient une origine alimentaire. Ce taux grimperait à 60% pour les femmes !
Les grands facteurs cancérigènes alimentaires sont aujourd’hui reconnus. L’ingestion de graisses saturées, surtout animales, et surtout cuites, est à limiter le plus possible, et même à proscrire. En fait, l’excès de cuisson s’avère dangereux quelles que soient les denrées. Selon le Pr Seignalet (qui connaissait la célèbre Dr Kousmine et dont il reconnaissait en partie la valeur du régime), la température de cuisson ne devrait jamais dépasser 250°C, le mieux étant d’utiliser la vapeur à température douce (moins de 100°C) et de manger crû beaucoup plus souvent que nous ne le faisons – si bien que les détracteurs du chercheur le qualifiait volontiers de « crudivoriste » ou d’« instinctothérapeute », ce qu’il n’était pas. Les autres facteurs alimentaires pathogènes répertoriés par Jean Seignalet ne t’étonneront pas : excès de sucres raffinés ou d’alcool, produits animaux dopés aux hormones stéroïdes, végétaux cultivés à l’aide de produits phytosanitaires sont autant de perturbateurs des systèmes endocriniens et immunologiques à l’origine des pires maladies.
            QUE FAIRE ?
Jean Seignalet et aujourd’hui son collègue Henri Joyeux rappellent volontiers que les produits « xénobiotiques », qui perturbent nos systèmes endocrinien et immunitaire, sont généralement stockés dans le tissu gras de réserve de l’organisme et qu’ils peuvent être éliminés par une sudation régulière, stimulée par une activité physique forte au moins deux fois par semaine. Mais leurs conseils principaux portent directement sur l’alimentation. Décourageant, quelle que soit la maladie, la consommation des laitages et des viandes, surtout trop cuites, ils font partie des premiers partisans du « régime méditerranéen » (appelé « crétois » aux États-Unis) et sont des champions particulièrement vifs des fruits et légumes frais, insistant sur l’importance :

  1. de la vitamine C et des oligo-éléments zinc et sélénium, essentiels au système immunitaire et présents notamment dans les poissons et fruits de mer ;
  2. des végétaux fibreux ;
  3. des anti-oxydants, anti-vieillissement et anti-cancers, présents dans de nombreuses salades, dont la lutéïne de la laitue et le lycopène de la tomate ;
  4. de l’acide oléique de l’huile d’olive ;
  5. des acides gras essentiels, dont les fameux oméga-3 des poissons des mers froides (sardines, maquereaux, etc.) ;
  6. des phytohormones des céréales et fruits de saison, légumes frais, légumineuses (lentilles, haricots, pois-chices, soja) ;
  7. des polyphénols du vin, pris avec modération et (détail important) au milieu du repas ;
  8. des flavonoïdes du thé vert ;
  9. de la vitamine A, vitale pour les lignées cellulaires sanguines, la vision, la qualité protectrice de la peau ;
  10. des laits végétaux (riz, soja, amande, seigle, orge, blé…) ;

L’une des principales contributions de Jean Seignalet fut par ailleurs de mettre à jour le « nutritional steal syndrom ». Il désignait ainsi le fait que le cancer est un « voleur nutrionnel », qui se gloutonne de ce que l’organisme possède de meilleur dans ses réserves énergétiques, par exemple les glucoses hépatiques ou musculaires, stockés sous forme de glycogène. Pour contrecarrer les méfaits du prédateur, les anciens cancérologues pronaient le jeûne, dans l’intention « d’affamer le cancer ». Le Pr Seignalet opta pour une politique inverse, obtenant des résultats bien meilleurs en donnant aux malades des mélanges extrêmement nourrissants, contenant les « 28 nutriments de base », dont l’organisme a besoin pour son équilibre.
À lire…
- L'Alimentation, ou la troisième médecine, Jean Seignalet et Henri Joyeux, éd. de l’Œil

OSTEOPATHIE
S'inspirant de la tradition des “rebouteux”, la plus ancienne méthode de traitement utilisée par l'homme, l'ostéopathie lui apporte une explication. Inventée par le médecin américain Andrew Taylor Still (1828-1917), elle part du principe que les maux physiques ou psychologiques ont des résonances partout dans le corps. L'organisme formant un tout en permanente interaction mécanique et fonctionnelle, il ne faut jamais s'arrêter à un symptôme, mais remonter les chaînes de causalité, à la fois dans l'espace (un mal de dos peut être l'effet d'un orteil coincé) et dans le temps (la pratique des ostéopathes expérimentés leur permet de remonter jusqu'à l'enfance du patient rien qu'en le palpant avec subtilité et vigilance). La main, par la palpation et les manipulations, représente l'outil essentiel tant du diagnostic que du traitement. Trois techniques ostéopathiques peuvent être pratiquées: celle dite structurelle (incluant les manipulations vertébrales et articulaires) ou Thrusts Technics, l'ostéopathie viscérale (qui intéresse les organes) et l'ostéopathie crânienne. Selon divers études, cette médecine soulage la douleur, facilite la grossesse et l'accouchement, contribue à soigner la sciatique, la dépression, les troubles intestinaux, l'hypertension. L'ostéopathie est également à l'origine de découvertes fondamentales, concernant notamment la mobilité des os du crâne ou la “respiration primaire”. Fait remarquable, non enseigné à l'université : tout notre organisme est enveloppé de tissus très fins, les fascias, qui “respirent” ou “pulsent” de manière imperceptible, mettant en liaison nos intestins ou notre cœur avec notre cerveau (ou avec nos orteils) !
À lire...
- L'ostéopathie, techniques et exercices pour tout, Pascal Pilate & Hélène Caure, éd. Eyrolles
- Se soigner par l'ostéopathie, Dr Gilles Mondoloni, éd. Odile Jacob

PHYTOTHERAPIE
Soutiens, avec le professeur Jean-Marie Pelt, la cause des connaisseurs de simples, dont le gouvernement de Vichy, jamais démenti depuis, supprima l’enseignement en France pour le plus grand avantage des industries chimiques européennes. Il n’est pas dit, en effet, que les molécules de synthèse de nos médicaments reproduisent toute l’action des molécules naturelles dont elles sont souvent inspirées : dans la plante, la molécule agit en synergie avec d’autres, selon des mécanismes subtils que la synthèse ne parvient pas toujours à reproduire. S’il n’est donc pas question de dénigrer le pouvoir des médicaments issus de l’industrie chimique, et sa capacité à ‘inventer’ de nouveaux produits actifs, il faut aussi reconnaître que nombre de nos maux pourraient être soignés par un retour aux plantes, raisonné et nourri des connaissances modernes.
- Nouveaux remèdes naturels, Jean-Marie Pelt, éd. Marabout
- Phyto-aromathérapie pratique, Marcel Bernardeau, éd. Dangles

PILATES
Cette gymnastique fut inventée au début du XXS° siècle par Joseph Pilates, un homme au parcours extraordinaire, et s’appuie sur le contrôle et le développement des muscles profonds, notamment de ceux qui, sous le pelvis et le bassin, assurent le maintien de la colonne vertébrale. C’est le renforcement de la structure musculo-squelettique qui est visé. La méthode – que Pilates ne prit pas la peine de breveter comme il est aujourd’hui de mise - a montré ses bienfaits dans la rééducation post-traumatique et a bénéficié de l’engouement de nombreux danseurs professionnels.
- La méthode Pilates, L. Robinson & C. Brie, éd. Marabout

QI GONG
Plus ancien encore que l'acupuncture, le Qi Gong (prononcée “chi qong”, cette expression chinoise signifie “maîtrise de l'énergie”) explore depuis des millénaires toutes les façons de maîtriser l'énergie à l'intérieur de soi. Ses principes se sont appliqués à tous les arts martiaux chinois. Il procède de la même vision du corps, de l'esprit et de la santé, avec notamment les méridiens, où circule le Qi. Accessible à tous, jeunes et vieux, bien portants et malades, sportifs et sédentaires n'aimant pas le sport, il présente l'avantage de ne nécessiter aucun intervenant extérieur. De quoi s'agit-il ? D'une série de gestes, de respirations et d'automassages, 15 à 30 minutes par jour. Bien sûr, un médecin chinois digne de ce nom utilise le Qi Gong dans ses soins, mais il le pratique d'abord pour rayonner lui-même d'une bonne énergie, afin de mieux traiter ses patients. Que procure le Qi Gong ? Pour commencer, une détente du corps, parce que ses mouvements sont lents, relaxés et souples. Cette détente s'approfondit par la respiration, très lente aussi. Ce faisant, aidée par le massage de certains points précis, l'énergie circule à nouveau dans le corps : elle stimule puissamment le système immunitaire et réveille au fond de vous toutes sortes de potentialités cachées, d'ordre aussi bien physique, qu'intellectuel ou relationnel. Et même poétique, si l'on en croit les termes en usage dans cette pratique : position d'“embrasser l'arbre”, exercice de “l'hirondelle pourpre volant très haut dans le ciel”, “huit trésors”…
À lire...
- À la découverte du Qi Gong, Yves Réquéna, éd. Trédaniel

REFLEXOLOGIE
Selon certains hiéroglyphes, la réflexologie aurait existé en Égypte 2300 ans avant notre ère. Cela fait longtemps en effet que thérapeutes et guérisseurs ont remarqué qu'en massant les pieds et les mains d'une personne, on pouvait agir sur toutes les parties de son corps., car chaque organe, glande, partie du corps ou fonction physiologique correspond étrangement à une zone ou un point sur les mains, les pieds ou encore les oreilles. La pratique montre qu'un massage de ces zones permet non seulement de localiser de nombreux troubles, mais aussi de les soulager, voire de les guérir, en stimulant les facultés d'auto-guérison de l'organisme. On retrouve ce principe de base dans toutes les grandes médecines du monde, notamment en Chine et en Inde.
En Occident, la médecine l'avait cependant oublié, jusqu'à ce que le docteur Niboyet - meilleur acupuncteur de France à cette époque - la redécouvre (essentiellement dans sa version chinoise) et en fasse officiellement état en 1955. Depuis, la réflexologie n'a fait que se développer. Un massage simple et rapide peut apporter un soulagement immédiat et mettre en route un processus de guérison. Tous nos systèmes internes (digestif, respiratoire, circulatoire, lymphatique, nerveux, hormonal, etc.) sont concernés ainsi que mes muscles, les tendons, les articulations et le squelette. Même nos sens endormis ou atrophiés (vue, ouïe, toucher, odorat, goût, mais aussi équilibre) peuvent être stimulés de façon très intéressante de cette façon. Agréable et simple à pratiquer, cette méthode aussi ancienne que les civilisations humaines s'adapte étonnamment bien à notre vie moderne.
- Guide pratique de la réflexologie, Amélie Le Plexier, éd. Trajectoire

REIKI
D'origine japonaise, cette méthode est basée sur des soins énergétiques appliqués avec les mains par des personnes initiées. L'imposition des mains permet de transmettre de l'énergie vitale à un patient. D'après ses praticiens, le but du reiki est de soulager les souffrances, d'apporter un calme mental, une paix intérieure et un bien-être général. À ce jour, les observations scientifiques n'on pu démontrer des effets bénéfiques supérieurs à l'effet placebo – ce qui n'est déjà pas si mal !
- Reiki pour guérir de nos émotions destructrices, Tanmaya Honervogt, éd. Courrier du Livre

 

PNIE (PSYCHO-NEURO-IMMUNO-ENDOCRINOLOGIE)  QT5
            NOUVEAU PARADIGME
Une pensée nouvelle irrigue le Jeu du Tao de la Santé et du Mieux-Être de part en part. Loin de les contredire, elle ajoute aux principes du Jeu du Tao originel une vision holistique de la santé humaine qui, sous des dehors simples, vient apporter sa pierre au bouleversement de la pensée occidentale auquel ce jeu participe. Et c’est évidemment la conception du corps, de la maladie et de la médecine cultivée par la “modernité” que cette nouvelle pensée remet en question. En quelques siècles, l'esprit d'analyse et l'insatiable curiosité des savants avaient fini par nous découper en tranches de plus en plus minces. Et voilà qu'à la frontière extrême de son morcellement, la science bute sur une découverte majeure : jusqu'au fond de nos cellules, notre corps et notre esprit sont inséparables.
            UN PEU D’HISTOIRE
Les médecins américains ont baptisé cette réunification historique psycho-neuro-immunologie (PNI, à prononcer « pi-èn-aille » s’il te plaît !). Certes, le domaine que l'on appelait jusque-là “psycho-somatique” avait déjà fait couler beaucoup d'encre. Depuis qu'à la fin des années 50, la science médicale avait reconnu que la volonté de vivre était un facteur déterminant de la guérison, même de maladies graves. Mais beaucoup d'experts se réfugiaient derrière l’“argument placebo”. Celui-ci a fait long feu. On ne peut plus disqualifier l'approche corps-espritd'un revers de main, en s'esclaffant : « Si ces méthodes soignent 70% des maladies, c'est que celles-ci sont imaginaires ! » Car la frontière entre maladies “réelles” et maladies “imaginaires” est devenue floue – ouvrant sur la nature humaine des perspectives vertigineuses.
C'est le psychiatre américain Robert Ader qui, de 1975 à 1984, a mené les expériences décisives et inventé l'expression PNI. Mais, dès 1964, son confrère et ami George Solomon avait mis en évidence des liens insoupçonnés entre l'activité cérébrale et le système immunitaire. Très schématiquement, ses travaux revenaient à adapter la fameuse méthode de Pavlov (la cloche qui, par effet d'habitude, fait saliver un chien), à la fabrication, non plus de salive ou d'hormone, mais d'anticorps. « En réalité, s'exclame le Pr. Solomon, deux chercheurs de l'institut Pasteur de Paris, les réfugiés russes Metalnikov et Chorine, avaient  déja fait la même découverte en 1926 ! Ils étaient hélas trop en avance. C'est passé totalement inaperçu. »
            PREMIER PRINCIPE : LA SANTÉ EST UN TOUT
Tous ces savants travaillaient essentiellement sur des rats ou des lapins. « Mais aujourd'hui, dit George Solomon, on sait que tout cela fonctionne également chez l'humain. » Attaché depuis 1983 à l'Unité Norman Cousins de l'université de UCLA, il se consacre en grande partie aux sidéens survivants à long terme, chez qui il a mis en évidence tout un faisceau d'aptitudes spécifiques :
– savoir dire non,
– donner un sens à sa vie,
– aimer coopérer,
– entretenir des amitiés profondes,
– aider autrui,
– compatir,
– accepter la maladie sans perdre le goût de vivre.
Parallèlement à cela, il a travaillé à la réhabilitation des criminels, des vétérans du Vietnam et des malades mentaux. L'une des pièces les plus incroyables de son dossier, est celle des malades à personnalités multiples. On a étudié de près le métabolisme de ces schizophrènes dont l'esprit est coupé, non pas en deux, mais en trois, quatre, parfois en plus de dix personnages différents. Eh bien, selon que le sujet “est” tel ou tel personnage, tout son organisme change... jusqu'à son système immunitaire ! La personnalité X peut avoir des problèmes de diabète, que la personnalité Y ne connaîtra jamais. Il s'agit pourtant du même corps, du même individu ! Tu imagines la différence qu'il peut y avoir entre des corps différents...
SECOND PRINCIPE : CHAQUE ÊTRE EST UNIQUE
Cette grande leçon qu'apporte la PNI peut paraître évidente, mais elle a d’immenses conséquences pour la médecine. France Haour, directrice du laboratoire de neuro-endocrino-immunologie de l'INSERM à Paris et spécialiste des hormones de l'hypophyse, témoigne de ce choc : « On sait très bien aujourd'hui que la psychologie influence tout le reste - et réciproquement. Tout cela ne pose plus de problème à la médecine classique. Même si le processus est très complexe, nous en connaissons désormais les relais - et tout le monde est d'accord pour dire que s'ouvre une immense zone de recherche. Le problème est ailleurs. Il tient à l'énorme variabilité de la population humaine : ce qui aide à la guérison d'untel, à tel moment, tel endroit, n'est plus généralisable à l'espèce. Trop de facteurs sont en jeu. Du coup,  en recherche clinique, c'est la panique ! » Eh oui, comment un labo pharmaceutique pourrait-il produire des médicaments différents pour chaque personne ?!?
Plus les recherches avancent, plus neurologues, endocrinologues, immunologistes s'aperçoivent qu'ils travaillent sur les mêmes récepteurs ou les mêmes molécules d'un seul immense circuit. En théorie, on va donc vers une simplification. Tant mieux ! « Le casse-tête tient à la personne humaine, corrige France Haour. Plus on avance, plus on s'aperçoit que c'est une entité hypersophistiquée, toujours en déséquilibre provisoire, incompréhensible si l'on ne nuance pas cas par cas. » Prends l’exemple du stress. Chez tel individu, il provoquera une sécrétion d'hormones, stimulant le système immunitaire et ramenant l'équilibre. Chez tel autre, un stress apparemment identique aboutira au contraire à une immuno-suppression et à la maladie. La personne ne se met pas en équation ! Cela ne veut pas dire que “nous pensons avec notre foie”, comme le dit un proverbe chinois mal compris.. Nous pensons avec notre cerveau d'abord. Mais le fonctionnement du cerveau est influencé par tout le reste. La vision chinoise dit que, pour penser correctement, il faut que toute ta physiologie tourne rond. Tu ne peux pas penser si ton foie ne marche pas.
            EN FRANCE, SUCCÈS DE LIBRAIRIE
Les liens qui unissent nos émotions, nos croyances et nos corps sont encore mystérieux. Mais les chercheurs ouvrent la voie et une nouvelle génération de médecins, intégrant Orient et Occident, en témoignent de façon enthousiasmante. Bien connu depuis le succès de son livre Guérir, le psychiatre David Servan-Schreiber a récidivé avec Anticancer, et fait feu de tout bois : implantation de l’EMDR en France, promotion des Oméga3, rubrique orientée corps-esprit dans le magazine Psychologies, préface d’une encyclopédie médicale américaine témoignant d’une ouverture aux thérapies “non conventionnelles” – comme l’OMS les appelle aujourd’hui – que David Servan-Schreiber appelle de ses voeux...
Son ami, le médecin belge Thierry Janssen, initialement spécialisé en chirurgie du système urinaire mais qui a préféré se tourner vers la psychothérapie corporelle, s’est quant à lui fait connaître avec deux ouvrages de fond sur la révolution qui bouillonne dans les nouvelles approches médicales. Dans La Solution intérieure, il fait le tour des médecines alternatives, et va très empiriquement à la rencontre des autres grandes médecines de la culture mondiale : chinoise, indienne et même chamanique. Dans La maladie a-t-elle un sens ?, il s’efforce de faire le tri entre raison et délire dans les interprétations symboliques des maladies, n’hésitant pas à bousculer les interdits – mais en penchant toujours du côté de la raison. Le succès de ces chercheurs et de leurs livres prouve qu’à défaut de la faculté, le public français est conquis par les idées de la PNIE. On ne compte plus les auteurs – médecins et “psys” de tous horizons – qui leur ont emboîté le pas depuis.
            FREINS ET BLOCAGES
En refermant ces livres, se pose une seule question : pourquoi tous ces savoirs ne sont-ils pas illico intégrés, certes à nos vies individuelles, mais aussi à tous les lieux où l’on soigne le cancer ? David Servan-Schreiber et Thierry Janssen évoquent tour à tour la pression des lobbies très puissants, pharmaceutiques, agro-industriels, chimiques, qui sont prêts à tout pour que rien ne bouge… et aussi le conservatisme de tout système de pensée organisé, notamment à l’université (« Si c’était vrai, ça se saurait »), mais également dans le public (qui a tendance à réclamer de ses médecins des ordonnances bien lourdes, si possible remboursées, naturellement !). La combinaison de ces différents freins donne la terrible phrase du journaliste Upton Sinclair : « Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un dont le salaire dépend du fait qu’il ne comprend pas » – n’hésitons pas à étendre l’ironie à nos propres porte-monnaie ! David Servan-Schreiber, lui, préfère une autre conclusion : « Que vous soyez malade ou bien-portant, j’espère que vous aussi choisirez de vous ouvrir pleinement à cette conscience – elle est votre droit de naissance – et que votre vie baignera, longtemps, dans sa lumière. »
            TROIS CLÉS POUR UNE NOUVELLE MÉDECINE
• Dénouant l’esprit pour soigner le corps, elle décrypte l’effet placebo et l’intègre à la psycho-neuro-immunologie.
• Écoutant le corps qui souffre pour remonter la piste de la conscience, elle peut prétendre à l’équilibre de la personne.
• Associant théories de Chine et traditions de l’Inde, elle revisite les croyances New Age avec une rigueur réellement scientifique.
PS : Les facultés de médecine américaines ont désormais intégré l’essentiel des approches de santé non-occidentales et, plus généralement, non-conventionnelles. Qu’il s’agisse de l’acupuncture ou de l’ayurvéda, de l’homéopathie ou des élixirs floraux, de la diététique ou de la méditation, aucune thérapie n’est laissée de côté au nom d’une quelconque incompatibilité théorique. La France est plus conservatrice et laisse ce genre d’ouverture à des CHU expérimentaux, comme celui de Bobigny.
À lire...
- Guérir et Anticancer, Dr David Servan-Schreiber, coll. Réponses-Santé éd. Robert Laffont.
- La Solution intérieure et La maladie a-t-elle un sens ?, Dr Thierry Janssen, éd. Fayard
- Pourquoi tombons-nous malades ? Pour une médecine de la “personne”, Dr Jean-Pierre Muyard, éd. Fayard
- Encyclopédie pratique de la nouvelle médecine occidentale et alternative pour tous les âges, Centre Duke de médecine intégrée, éd. Robert Laffont
- Aide-toi, ton corps t’aidera, Anne-Marie Filliozat et Gérard Guasch, éd. Albin Michel
- Psycho-neuro immunologie, Francesco Bottaccioli, éd. Marco Pietteur

YOGA
Le yoga comme philosophie de vie se pratiquait déjà en Inde 3000 ans avant notre ère. Le terme signifie en sanskrit “union”. L'union du corps et de l'esprit, du soleil et de la lune, du masculin et du féminin, du yin et du yang, de l'être humain et de l'univers... Il comprend plusieurs dimensions, dont les principales sont la dévotion (bhakti yoga), l'action juste (karma yoga), la connaissance (jnana yoga), la santé et la concentration par l'hygiène de vie et les postures (hatha-yoga). C'est ce dernier qui s'est le plus développé en Occident. Le hatha yoga est une discipline d'harmonisation et de développement des facultés psychologiques (concentration, sérénité) et des facultés corporelles (fermeté, souplesse). Le travail est orienté vers le corps physique au moyen de postures (asanas), de respirations (pranayama) et de relaxation (savasana). La pratique du yoga provoque une détente immédiate. Elle permet de maintenir une bonne
santé, ou de contribuer à son retour (certains professeurs s'étant spécialisés dans un yoga plus thérapeutique). Le yoga convient à tout le monde, les personnes âgés, les handicapés les enfants, et même les femmes enceintes.
- 15 minutes yoga (livre et DVD), Louise Grime, éd. Trédaniel

 

ANALYSE TRANSACTIONNELLE (AT)
Créée par le psychiatre Eric Berne (1910 -1970), cette psychothérapie est également une théorie de “psychiatrie sociale”, selon les mots de son concepteur, parce qu'elle propose d'étudier le psychisme des personnes en analysant leurs relations. Elle tire d'ailleurs son nom d'un mot (transaction) qui désigne un échange, verbal ou non. La méthode s'appuie sur une conception nouvelle de notre psychisme, dans lequel Berne voit trois états du moi (parent, enfant adulte) dont chacun doit occuper la bonne place au bon moment. L'état Enfant est celui d'où proviennent la créativité, le jeu, l'intuition, les pulsions et les sentiments; il peut être spontané, intuitif et créateur, mais aussi capricieux, rebelle ou soumis. L'état Parent est responsable, réconfortant et protecteur. Il représente le sens éthique et les normes, bases du respect de soi et d'autrui; il est “civilisé” mais peut être critique, dévalorisant et contraignant. Quant à l'état Adulte, il sert de fonction équilibrante entre le Parent et l'Enfant, sachant quand lâcher du lest à l'un ou l'autre; il évalue, réfléchit et fonctionne de manière rationnelle en fonction de la situation, sans être ni négatif ni positif - mais aussi sans beaucoup d'émotion. A cause de notre enfance et des schémas inconscients qu'elle nous a laissés, chacune de ces facettes de notre personnalité peut provoquer des comportements inadéquats, des maladies psychosomatiques et même des névroses et des psychoses. Pratiquée le plus souvent en groupe, sans que ce soit une règle, l'AT permet de découvrir qui parle en nous et comment, mais aussi qui parle chez l'autre, afin de mieux harmoniser les différents états du moi, en soi-même et dans la relation. L'AT est particulièrement indiquée pour les personnes qui rencontrent des difficultés relationnelles. Elle se pratique en travail de groupe à raison d'une ou deux fois par semaine, sur une durée allant de 6 mois à plusieurs années.
À lire...
- L'Analyse Transactionnelle au quotidien, Bernard Raquin, éd. Jouvence
- Le triple moi, Gysa Jaoui, éd. Robert Laffont

APPROCHE CENTREE SUR LA PERSONNE (ACP)
Plus connue des thérapies dites “humanistes”, l'ACP a été inventée par le psychologue américain Carl Roger au début des années 1960. Cette thérapie ne s'intéresse pas à la maladie ou au problème du patient. En ACP on n'emploie plus d'ailleurs les mots patient et thérapeute mais client et facilitateur. Le client est une personne unique qui aidée d'une autre personne va chercher en lui les moyens de trouver ses propres réponses en développant sa capacité d'autoévaluation et en s'appropriant son existence. L'ACP insiste sur la qualité interpersonnelle de la rencontre. Une attitude humaine, chaleureuse et encourageante sont les points-clés de sa pratique. Car seule la qualité de la relation permet de créer les conditions favorables à l'évolution du client. Selon Rogers, trois attitudes facilitatrices doivent être adoptées : l'authenticité (ou congruence > p. cohérence), la compréhension empathique favorisant un climat d'enseignement non directif, et l'acceptation positive inconditionnelle. Selon lui, en effet, la majorité des problèmes psychologiques viennent du fait que nous n'avons pas été aimés de manière inconditionnelle par nos parents. Le client doit donc se sentir inconditionnellement respecté et non jugé. Le facilitateur doit éprouver de la considération pour lui, pour ses opinions, pour ses ressentis, pour sa personne. L'ACP est recommandée aux personnes souffrant de stress, d'angoisse ou de difficultés à communiquer. C'est le client qui impose le rythme de la thérapie, qui peut durer de 10 à 50 séances.
À lire...
- Le développement de la personne, Carl Rogers, éd. Dunod

 

ART-THERAPIE
Depuis toujours, les sociétés ont utilisé des éléments artistiques pour soigner leurs malades, mais c'est seulement en 1950, à l'occasion d'une importante exposition d'œuvres de malades mentaux, que fut fondée la Société internationale de psychopathologie de l'expression donnant naissance à l'art-thérapie. Cette forme de psychothérapie utilise la création artistique (dessin, peinture, collage, sculpture...) pour prendre contact avec son intériorité, l'exprimer et se transformer. Sans se préoccuper de la qualité ou de l'apparence de l’œuvre finale, la démarche thérapeutique consiste à laisser progressivement surgir ses images intérieures, qui peuvent être autant le reflet d'expériences du passé que de rêves auxquels on aspire. Le geste créateur fait appel au corps qui se met en mouvement pour créer une oeuvre concrète; dans le même élan, il sollicite l'imagination, l'intuition, la pensée et les émotions. Les images ou les formes ainsi créées, en plus de dévoiler certains aspects de soi, peuvent générer une vision et des comportements nouveaux qui contribueront à des guérisons physiques, émotives ou spirituelles. Quand un traumatisme a été trop violent, surtout dans l’enfance, cette approche thérapeutique permet d’opérer des transferts affectifs sur des objets transitionnels subtils. L’enfant abusé, par exemple, dessinera ou racontera ou interprètera une scène de marionnette, pour exprimer sa souffrance indirectement, dans une sorte de clair-obscur de sa conscience, où il se sentira en sécurité. 
Psychiatre pour enfants, grand promoteur de l’art-thérapie en France et fondateur de l’Institut National Expression Création Art et Thérapie, à Paris, le Dr Jean-Pierre Klein explique : « L’art-thérapie ne se situe pas dans l’explication de l’origine des troubles. Plutôt que d’examiner directement les symptômes et de voir ce qu’ils signifient, comme on fait en thérapie classique, on demande au patient de produire, de partir de lui-même et de créer quelque-chose. Et forcément, parce qu’il sait où il se trouve, tout ce qu’il va faire sera imprégné de ses problèmes. »
Se soigner par la création est indiqué pour ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas entreprendre une psychothérapie classique ou une psychanalyse, notamment pour les enfants. Les séances peuvent durer trois heures et la longueur de la cure dépend de l'individu et de sa problématique.
À lire...
- L'art-thérapie, Dr Jean-Pierre Klein, éd. PUF

BIBLIOTHERAPIE QT3
La lecture d'un livre peut-elle suffire pour aller mieux ? Tout amoureux de la littérature te dira que, comme une rencontre, certains livres peuvent changer ta vie. Mais comme pour une rencontre, il faut y être prêt. Ne gardes-tu pas ainsi le souvenir de lectures qui t'ont soudain fait voir la réalité autrement, ou t'ont semblé rassembler en un propos cohérent des tas d'idées que tu avais plus ou moins intuitivement à l'esprit ? Parfois, la découverte semble magique : tu as certaines pensées en tête et hop ! tu tombes sur un livre qui les illuminent... Pour le docteur Christophe André, psychiatre, et auteur de plusieurs best-sellers, il ne faut pas hésiter à parler de “bibliothérapie”. « Un livre peut énormément aider, affirme-t-il. Nous avons tous dans nos vies des livres qui ont joué ce rôle, parce qu'ils nous avaient émus et convaincus que c'était possible. Moi-même, ce sont des lectures qui m'ont amené à devenir psychiatre. L'introduction à la psychanalyse de Freud, en classe de première, m'avait beaucoup marqué ; et aussi des livres de mes parents, dont une encyclopédie, que je me souviens avoir lue passionnément, en prenant des notes sur un carnet. Ça m'avait aidé à ordonner le tumulte de mes états d'âme d'adolescent. Plus tard, devenu psychiatre, j'ai compris que recommander des livres à mes patients les aidait aussi. D'ailleurs, nous disposons d'études montrant, chiffres à l'appui, que la bibliothérapie est un outil de changement possible. »
Evidemment, pour être vraiment thérapeutique, la lecture ne suffit pas et doit être complétée par une réflexion personnelle, reconnaît Christophe André. Tu peux aussi bien “survoler” un ouvrage que “l'avaler” ou lire entre les lignes... mais cela n'aura pas le même effet ! Il ne s'agit pas non plus d'oublier qu'au-delà d'un certain seuil de souffrance, la consultation d'un professionnel est indispensable. Pour preuve, le dernier guide de psychologie au quotidien coordonné par Christophe André, écrit par un “groupe d'amis” thérapeutes et partisans de la psychologie positive, s'achève sur deux chapitres consacrés aux médicaments psychotropes et aux psychothérapies. « Franchement, estime le psychiatre, le livre qui donnerait aux gens l'illusion de la toute puissance, ça n'existe pas, c'est un fantasme. Quand ça devient vraiment grave, la souffrance vient nous rappeler la nécessité de demander de l'aide, quelle que soit notre connaissance ! Mais l'inverse est aussi vrai : il y a des gens que les professionnels de santé ne voient jamais, parce qu'ils parviennent à gérer leurs troubles et à réorienter leur vie vers davantage de sérénité, grâce à une introspection, à des discussions amicales, des conseils, et grâce à des livres. »
À lire...
- Guide de psychologie de la vie quotidienne, ouv. collectif, éd. Odile Jacob

BIENFAITS DE LA NATURE QE6
« La Nature fait de son mieux, à chaque moment, pour que nous allions bien. Allons, nature n'est qu'un autre nom pour santé ! » écrivait le philosophe américain Thoreau depuis sa retraite au fond des bois. Pour en rester aux situations extrêmes, des enquêtes épidémiologiques ont montré que des prisonniers ayant vue sur une forêt allaient moins souvent à l’infirmerie que leurs codétenus ne voyant que la cour (Moore, Journal of Environmental Systems, 1982), et que des effets analogues jouaient sur la convalescence en hôpital (Ulrich, Science, 1984) ou... sur la productivité des employés de bureau (Kaplan, Landscape  & Urban Planning, 1993). Les responsables seraient les endorphines, douces hormones du bien-être que le spectacle de la nature inciterait notre cerveau à sécréter.
Nature agréable à l’œil, certes, mais il s’en faut de beaucoup pour que ces effets soient ressentis par tous quand il s’agit non plus de la voir mais de s’y plonger ! Le regretté François Terrasson, chercheur au Muséum d’Histoire Naturelle, remarquait ainsi que nous ne sommes pas nombreux à envisager sans crainte l’idée de passer une nuit à la belle étoile, et encore moins à y dormir comme un loir. Pour lui, qui proposait cet exercice aux citadins, la majorité le supporte plutôt mal et une autre minorité, pas du tout. La peur de la nature est profondément ancrée en la plupart d’entre nous, liée aux notions de danger, d’inconfort, de peine laborieuse.
À l’heure d’un territoire domestiqué, d’une technique triomphante, cette peur et ce désir de maîtrise sont-ils encore de mode ? Pour Theodore Roszak, professeur d'histoire et directeur de l'institut d'écopsychologie à l'université de Californie, « nous avons besoin d'une nouvelle discipline - je l'appelle “écopsychologie” - qui considère les besoins de la planète et ceux de la personne humaine comme un tout, et contribue à nous reconnecter aux vérités venant de notre communion avec le reste de la création. Nombreux sont ceux qui vivent la crise environnementale comme un appel à leurs valeurs les plus profondes. Pour la résoudre, nous devons en connaître les ressorts psychologiques. Renouer notre lien avec la nature est le meilleur moyen. »
À lire...
- La peur de la nature, François Terrasson, éd. Sang de la Terre
L’homme planète, Theodore Roszak, éd. Stock

EMDR ET EMT
(EYE MOVEMENT DESENSITIZATION AND REPROCESSING et EYE MOVEMENT TECHNIQUE)
C'est par hasard, lors d'une promenade, que la psychologue américaine Francine Shapiro découvrit en 1987 que ses “petites pensées négatives obsédantes” disparaissaient quand elle faisait aller et venir ses yeux, rapidement et répétitivement, de gauche à droite. Il ne lui en fallut pas davantage pour proposer l'exercice à ses collègues, l'expérimenter auprès de ses patients et créer l'EMDR, avec des résultats éclatants - notamment pour ces états de stress post-traumatique (ESPT) que provoquent souvent guerres, attentats, violences sexuelles ou catastrophes naturelles. Devenue chercheur au célèbre Mental Research Institute de Palo Alto, le docteur Shapiro a reçu en 2002 le Prix Sigmund Freud, plus haute distinction mondiale en psychothérapie.
La méthode ne s'applique pas qu'aux grands chocs, mais également aux “traumatismes avec un petit t”, comme l'EMDR appelle les expériences pénibles laissant un souvenir empreint de souffrance. Après avoir évalué celle-ci sur une échelle d’intensité et de pouvoir incapacitant, le patient est appelé, tout en restant dans son souvenir et dans son émotion, à fixer attentivement les mouvements que la thérapeute fait avec sa main, de gauche à droite devant lui. Une quinzaine d'allers retours cadencés, amples et précis, ni lents ni rapides, larges d'un mètre environ, suivis d’une pause pour une nouvelle évaluation, sont ainsi répétés jusqu’à apaisement.
S’il y a de l'hypnose là-dedans – et beaucoup d'autres choses inspirées de la sophrologie, du comportementalisme ou des sciences cognitives, reconnaît Francine Shapiro –, le fonctionnement cérébral de sa méthode reste largement inconnu. « Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau, propose le docteur David Servan-Schreiber, qui enseigne l’EMDR en France. Celui-ci effectue alors un travail de “digestion” permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions particulièrement vulnérables ! Dans ce cas, les images, les pensées, les sons, les émotions, les sensations liés à l'événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l'EMDR, le mouvement oculaire “débloque” l'information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu'il complète son travail »
L’EMDR ne peut être appliquée que par des professionnels, mais sa fille aînée l’EMT (Eye Movement Technique) est ouverte à tous et peut même se pratiquer sur soi-même. Le principe reste le même : isolé, au calme, tu t’imprègne du problème qui te travaille (rage, frustration, jalousie, remord, culpabilité, désespoir, angoisse, phobie, étouffement, nausée, céphalée ou autre douleur) et, une fois que tu y es (quelque part entre le désagrément et l’horreur), tu balances tes yeux de droite à gauche, ou tu te tapotes alternativement la cuisse droite et la gauche. Personne ne peut expliquer pourquoi, mais ce processus a des chances notoires de te soulager (te rendant indifférent au problème), puis de te guérir… parfois en quelques minutes ! Il faut le voir (et le pratiquer) pour le croire !
À lire...
- EMDR, une révolution thérapeutique, Dr Jacques Roques, éd. Desclée de Brouwer
- Des yeux pour guérir, Francine Shapiro &Margot Silk Forrest, éd du Seuil
- Comprendre et pratiquer l’EMT, Fred Friedberg, éd. Intereditions

 

ENNEAGRAMME
À la naissance, nous avons tous perdu contact avec notre essence profonde - condition sine qua non pour constituer un ego et vivre en humain. Toutes les pertes de contact ne sont pas pareilles. Une ancienne tradition les regroupe en neuf grandes familles. Avec un trait commun : à la place du trou insupportable de la perte et de l’oubli, s’est constituée notre personnalité, que nous prenons pour notre nature, alors qu’elle n’en est que l’imitation, soulageante mais à jamais frustrée. Ainsi, les neuf familles de perte recouvrent-elles neuf types d’ego, donc d’illusions (cinglantes !), mais aussi neuf façons de retrouver notre essence, au prix d’une incontournable épreuve. Es-tu plutôt réformiste, sauveur, battant, créateur, penseur, gardien, généraliste, meneur ou pacificateur ? Le travail sur l’ennéagramme est le fruit d’un long héritage ésotérique, sa diffusion récente revenant à Claudio Naranjo, psychiatre chilien à qui le mystique bolivien Oscar Ichazo avait transmis sa version modernisée de cet outil millénaire, dont le grand Gurdjieff disait qu’il était « à la fois le mouvement perpétuel et la pierre philosophale. »
- Les 9 visages de l’âme, Sandra Maitri, éd. Payot

GESTALT-THERAPIE
La Gestalt-thérapie, du verbe allemand gestalten qui signifie “mettre en forme”, a été fondée par Fritz Perls, psychiatre et psychanalyste allemand émigré aux USA. Se situant résolument dans une optique dynamique, elle s'intéresse aux “processus”, à l'ajustement permanent entre un individu et son environnement : comment entrons-nous en contact avec nous-mêmes, avec les autres, avec notre environnement ? Cet ajustement est par définition en perpétuel changement. La mise en scène de nos émotions, le monodrame, l'amplification des gestes révélateurs du corps font partie de la cure, souvent théâtralisés de façon collective afin d'en mettre en évidence les racines inconscientes. Le but est de devenir créateur de sa vie, en essayant d'inventer en permanence de nouvelles manières d'être au monde dans l'ici-et-maintenant.
Surtout employée comme outil de développement personnel ou collectif - par exemple par des artistes pour épanouir leurs potentiels ou par des entreprises pour créer une dynamique de groupe -, la Gestalt-thérapie reste avant tout... une psychothérapie. Elle est à ce titre, selon le directeur de l'Ecole parisienne de Gestalt Gonzague Masquelier, « surtout adaptée aux problèmes relationnels, familiaux ou de couple, et aux difficultés existentielles telles que dépression, solitude ou troubles du comportement alimentaire ou sexuel ».
La Gestalt peut se pratiquer en thérapie individuelle, familiale ou de couple mais son domaine de prédilection est le travail en groupe de 10 à 12 personnes, en week-ends. Le thérapeute s'implique personnellement, proposant des expérimentations et des jeux de rôle dont le client est à la fois acteur et metteur en scène.
À lire...
- La Gestalt-thérapie aujourd'hui, Choisir sa vie, Gonzague Masquelier, éd. Retz
- La Gestalt, une thérapie du contact, Serge & Anne Singer, éd. Hommes et Groupes

 

PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE (PNL)
La PNL a été mise au point en 1972 aux Etats-Unis par John Grinder, professeur de linguistique, et Richard Bandler, mathématicien et psychothérapeute, à partir de l'observation minutieuse des comportements des meilleurs thérapeutes de l'époque, et de la mise en évidence de leurs caractéristiques communes, au-delà des écoles. C'est une technique qui a pour but de nous aider à communiquer avec les autres en décortiquant nos manières de réagir. Selon notre nature, nous percevons l'environnement à travers nos sens privilégiés : la vue ou l'ouïe prédominent mais le toucher compte également, chacun étant ainsi plutôt visuel, auditif ou kinesthésique. Le thérapeute s'adapte à notre mode de connaissance pour nous aider à nous remémorer des moments heureux ou à découvrir des dons inexploités. Mieux connaître ses moments de réussite permet de se construire une boîte à outil personnelle qui nous servira dans les situations difficiles. La PNL est efficace pour résoudre des problèmes ponctuels, pour se sentir plus à l'aise en société ou diminuer des troubles de somatisation. Nombre de ses pratiques, telle celle de l'ancrage, sont employées dans le coaching. Elle se pratique seul ou en groupe. Le nombre de séances dépend des buts visés.
À lire...
- Un cerveau pour changer, Richard Bandler, éd. Interéditions
- La Programmation Neuro-Linguistique, Dora Panozzo-Mochon, éd. Quintessence

PSYCHANALYSE
Bien que l'on soit allongé sur un divan pour permettre un état de relaxation, cette technique passe essentiellement par le discours. Le but est de faire ressurgir du fond de notre inconscient la source de nos souffrances, à travers la parole libre et l'analyse des rêves. Le psychanalyste ne fournit ni conseil, ni explication, si ce n'est pour relever un lapsus ou un détail significatif ans les propos de l'analysant. La “cure” s'accompagne d'un phénomène de transfert sur l'analyste : il devient ainsi une sorte d'agent catalyseur qui attire sur lui et cristallise les sentiments confus dont le patient vient de se décharger. La fréquence des séances est de deux à trois par semaine et une analyse peut durer plusieurs années. Elle permet de décrypter les mécanismes cachés de notre psyché pour mieux affronter par la suite les difficultés extérieures.
Largement décriée au nom de sa lenteur et de son inefficacité, la psychanalyse reste une référence importante - notamment en France - en raison de la pénétration de ses concepts dans la pensée générale : l'existence de l'inconscient, par exemple, est aujourd'hui acquise. Elle est cependant secouée par des conflits d'école, dus en partie aux dissensions entre son fondateur, Sigmund Freud, et ses divers “disciples” devenus dissidents tels que Jung, Adler, Ferenczy ou Reich.
À lire...
- Développement de la psychanalyse, ouvrage collectif, éd. PUF

 

PSYCHOGENEALOGIE QT7   - QF2
            UNE PRATIQUE EN VOGUE
Voilà quelques années que l’on entend parler de la psychogénéalogie et que certains font usage, en thérapie, de telle ou telle des méthodes qui en sont issues. Cela ne va pas de soi, d’admettre que ce qui s’est passé dans la vie de tes ancêtres (et continue de se passer dans ton arbre généalogique, celui-ci se situant hors temps) influe aussi bien sur tes états de conscience que sur ta santé physique. Ou encore que tes pensées et tes actes puissent être manipulés par les inaccomplissements, les non-dits et le mal-être de tes aïeux, deux, trois, quatre générations avant toi. Et pourtant, souvent, les choses semblent bel et bien se passer ainsi : à notre insu, nous faisons tout pour souffrir et parfois pour mourir, par “solidarité” avec nos ancêtres ! Heureusement, d’incroyables thérapies ont fait leur apparition, au confluent de la psychologie moderne et des anciens cultes des ancêtres, qui peuvent nous délivrer de ces déterminismes aveugles – « libérant du même coup, disent certains psy, les esprits des ancêtres malheureux ».
ÉTRANGES TRANSMISSONS
Les nombreux ouvrages transgénérationnels disponibles, souvent nourris de pratique clinique, illustrent à l’envi les mécanismes invisibles de la transmission des maladies, du fait de problèmes généalogiques. Les faits sont parfois brutaux et leur prise en compte peut, à rebours, sauver des vies humaines ! Sans aller aussi loin, une exploration de ton arbre familial vaut franchement la peine. Quel était l’état d’esprit de tes parents au moment de ta conception ? Portes-tu le nom d’un ancêtre disparu ? L’un de tes grands-parents a-t-il été ruiné ? L’un de tes ancêtres a-t-il perdu sa maison ? Descends-tu, en réalité, d’une liaison interdite ? Scénario après scénario, tu peux découvrir et modifier d’incroyables processus en œuvre au fond de toi. Bert Hellinger - le fondateur de la très frappante Constellation Familiale, où la conscience des ancêtres semble habiter des témoins innocents -, ainsi qu’Alexandro Jodorowsky – l’artiste provocateur devenu un sage très inspiré – insistent sur le fait que tout ceci a un but : prendre conscience des ombres et des malheurs qui ont frappé notre lignée, jetant sur nous comme une malédiction, nous met en position de pardonner à nos ancêtres, inaugurant une forme fondamentalement neuve de relation religieuse. Ils proposent donc une “cure psychothérapeutique” des plus inattendue, où la guérison de la psyché rejoint celle de l’âme. Et où tu peux “réveiller le Bouddha qui dormait dans tes ancêtres” !
            MESSAGE D’UNE PIONNIERE
Sans en faire un système, tout cela donne envie de revenir aux sources. Personne n’ignore le rôle que joua, dans ce retour en force des grands-parents et ancêtres, la psychologue Anne Ancelin-Schützenberger, auteur du fameux Aïe mes aïeux ! au début des années 90. Elle y présentait son “génosociogramme” (arbre généalogique enrichi des métiers des ancêtres, de leurs personnalités, passions, faiblesses, maladies, etc.), et aussi ce que l’une de ses consœurs avait baptisé “syndrome anniversaire” (quand une maladie ou un accident se reproduit, génération après génération, au même âge, de façon inexplicable). Un demi-siècle après ses débuts, la fondatrice fait le point sur son art et sur sa science. Avec une verve décapante, la grande dame dit combien elle se méfie des dérives : pour elle, pas question de consulter quiconque ne serait pas au moins médecin ou psychologue clinicien. Mais elle rappelle aussi, dans un entretien accordé à Nouvelles Clés, qu’il faut savoir faire la distinction entre loyautés maléfiques, dont il vaut mieux se débarrasser, et loyautés bénéfiques, qu’il faut honorer. Pour elle, cette distinction repose d’abord sur le sujet : « Tous ceux qui ont des yeux pour voir et une sensibilité pour entendre les messages de leurs corps et de leurs rêves, le sentent et le savent d’instinct. Soyez attentif aux messages qui viennent du fond de votre être. On sait, on plutôt on sent “dans ses os”, tout ce qui nous mine, voûte, tasse, oppresse. Inversement, nous sentons très bien tout ce qui nous permet de respirer, de vivre, d'avancer, d'avoir des projets et les yeux qui brillent ! » Et ce ne sont certes pas tes ancêtres qui pourront démentir ce choix !
À lire...
- J’ai mal à mes ancêtres, Patrice Van Eersel et Catherine Maillard, éd. Albin Michel
- La Constellation Familiale : cure d’âme et psychogénéalogie, Bert Hellinger, éd. Dervy
- Psychogénéalogie, guérir les blessures familiales et se retrouver soi, Anne Ancelin-Schützenberger, éd. Payot
- Et si nos ancêtres parlaient à travers nous, Martine Garcin-Fradet, éd. Quintessence
- Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres ? par Nina Canault (présentant les thèses de Didier Dumas), éd. Desclée de Brouwer

 

RESPIRATION HOLOTROPIQUE
Cette méthode, nommée à partir du grec holos (entier) et tropos (direction), a été fondée au début des années 1980 par le psychiatre tchèque Stanislav Grof, pionnier de l'exploration des états modifiés de conscience émigré aux Etats-Unis. Soumis à une musique soigneusement programmée alternant gongs tibétains ou rythmes africains, le patient entre dans un état de conscience modifié grâce à une respiratoire profonde et rapide. L' hyperventilation augmente la concentration de l'oxygène et diminue le gaz carbonique. Le sang devient alors plus “acide”, ce qui provoque des modifications cérébrales. Le simple fait de se retrouver dans cet état altéré suscite, selon Grof, une activité thérapeutique spontanée. Aucun autre apport ne serait nécessaire pour que l'inconscient fasse émerger les conflits qu'il recèle et, surtout, qu'il les traite. La technique permet un voyage intérieur vers l'essentiel, dans lequel nous découvrons et explorons la partie la plus archaïque de nous-mêmes. Le résultat habituel d'une séance de respiration holotropique consiste en une libération émotionnelle et une relaxation physique très profonde. La respiration holotropique se pratique le plus souvent en groupe, au cours de séminaires de deux jours au minimum. Nécessitant un engagement physique important elle est interdite aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de problèmes cardiaques.
À lire...
- La respiration holotropique, Dr Patrick Baudin, éd Le Souffle d'or

 

SOPHROLOGIE
La sophrologie - par ses racines grecques “étude (logos) de la conscience (phren) en harmonie (sos)” - est une méthode psychocorporelle fondée par le neuropsychiatre colombien Alfonso Caceydo dans les années 1960, inspirée de l'hypnose mais ne pénétrant pas profondément dans l'inconscient. Elle s'appuie sur trois principes de base : la prise de conscience du schéma corporel (à l'aide d'exercices et de la relaxation), l'activation des éléments positifs (souvenirs, compétences...), et le développement de la capacité à penser et agir rationnellement. L'activité consciente étant maintenue à la frontière de l'endormissement, le patient est invité par suggestion à se projeter dans des scénarios positifs. Cette méthode aide à inventer de nouveaux comportements pour trouver l'équilibre, elle prévient les tensions et le surmenage. Elle aide aussi à surmonter le manque de confiance en soi. A raison d'une séance par semaine, ce travail peut prendre deux ans.
À lire...
- La sophrologie, Dr Luc Audouin, éd. Milan

THERAPIE FAMILIALE
Inspirée des recherches de l'anthropologue anglo-américain Gregory Bateson, la thérapie familiale s'appuie sur une approche de la famille vue comme un système lié par des jeux de relations. Ces relations peuvent être faussées par les non-dits, les fausses croyances, la peur du changement... voire par le “double bind” ou double lien (< p.xxx) que créent les messages paradoxaux au sein de la famille. Devant une situation faussée, l'un des membres de la famille (le plus souvent l'enfant) va manifester le symptôme pour le groupe. Les troubles d'un enfant ne sont donc plus interprétés comme le signe d'une problématique individuelle mais plutôt comme le révélateur de relations dysfonctionnelles impliquant la fratrie et les parents. Ils ne peuvent donc être résolus qu'en faisant intervenir tous les acteurs. A côté de ce courant majoritaire d’inspiration systémique, qui décode les interactions verbales et émotionnelles, on notera la présence en France d’une thérapie familiale psychanalytique, qui met l'accent sur la parole et le partage des rêves. Les thérapies familiales s'adressent en général à des familles dont un enfant présente des troubles graves, psychotiques ou gravement névrotiques, éventuellement des troubles du comportement ou alimentaires sérieux. Les séances qui réunissent les membres de la famille durent environ une heure, une ou deux fois par mois, quelquefois plus souvent en cas de crise aiguë.
- L’autre demande, psychanalyse et thérapie familiale, Robert Neuburger, éd. Payot
- Les rêveries d’un thérapeute familial, Carl Whitaker, éd. ESF

 

THERAPIES COMPORTEMENTALES ET COGNITIVES (TCC)
Les TCC ne recherchent pas les causes de nos troubles dans notre inconscient, notre enfance ou notre histoire. Elles visent à changer nos comportements en dépassant les croyances et les opinions que nous avons sur nous-mêmes et sur notre entourage. Filles du béhaviorisme - approche pragmatique privilégiant les comportements plutôt que l'inconscient - elles bénéficient des avancées de la psychologie cognitive, qui étudie comment on apprend et sait. Longtemps considérées comme réductrices, les TCC s'appuient aujourd'hui sur les découvertes des neurosciences permises par l'imagerie cérébrale, dont les plus récentes (plasticité du cerveau, neurones miroirs...) relancent le débat entre déterminisme, réductionnisme et libre arbitre. Elles restent cependant fidèles à la pensée stoïcienne du psychologue américain Albert Ellis (1913-2007), créateur de la Thérapie rationnelle émotive considéré comme leur père.
Ce sont nos croyances et idées erronées ou négatives, issues d'apprentissages incapacitants, qui nous empêchent d'avancer et provoquent nos souffrances émotionnelles. Ellis rattachait ces souffrances à une douzaine de croyances de base irrationnelles telles que “Je dois être parfait” ou “Je dois être aimé de tous”. Les troubles arrivent lorsque la réalité tôt ou tard contredit ces idées. Les attentes excessives que la personne s'adresse alors à elle-même sont la principale cause de souffrance. Les idées irrationnelles proviennent toutes d'une erreur de jugement qui trouve son origine dans la vision grandiose que nous avons tous plus ou moins de nous-mêmes et dans le radicalisme de nos positions morales.
Les TCC ont pour but de rendre conscients les mécanismes de leur apparition, d'en montrer l'irrationalité et la rigidité, pour changer concrètement les comportements destructeurs qui leur sont associés. Les séances durent 45 minutes, elles sont basées sur un échange emphatique avec le thérapeute afin d'élaborer ensemble un programme concret : calendrier, liste de tâches à accomplir au quotidien pour modifier progressivement les comportements. Les TCC sont conseillées pour les anorexies, boulimie, toxicomanie, anxiétés, phobies, échecs scolaires ou dépression. L'un de leurs développements récents, la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, fait appel à des pratiques de méditation inspirées du bouddhisme, avec des résultats probants sur la rechute dépressive. Une cure dure environ dix à douze séances.
À lire...
- Les thérapies comportementales cognitives, Jean Cottraux, éd. Masson